Le chien d'Ulysse/Le blog de Salim Bachi

Le blog de salim bachi

31 octobre 2008

Mahomet, quand les témoins racontent

Dans son nouveau roman, Salim Bachi laisse la parole à quatre narrateurs qui donnent vie au Prophète. Original.

Avec le Silence de Mahomet, le romancier Salim Bachi, né en 1971 dans l’Est algérien, met ses pas dans ceux du Prophète. L’ouvrage n’a rien d’un récit hagiographique. Il ne s’agit pas non plus d’un texte attentatoire à l’existence du fondateur de l’islam mais d’une évocation familière dotée d’une indéniable liberté de ton.

Salim Bachi possède son métier d’écrivain. Dans la Kahéna ( 2003), le narrateur était un colon débarqué en Algérie en 1900. Dans Tuez-les tous (2006), le narrateur était un des terroristes des Twin Towers. Dans le Silence de Mahomet, l’originalité consiste à donner la parole, via la fiction, à quatre témoins clés ayant partagé au jour le jour la vie de Mahomet. Ce qui, d’oeuvre en oeuvre, semble donc intéresser Salim Bachi, c’est de partir en quête d’un ferme réalisme en usant de points de vue très peu conventionnels. Son but consiste sans doute non pas à éviter l’histoire mais à la mettre à distance grâce à une vision oblique afin de mieux contrarier les automatismes de lecture.

S’attaquer à la vie du Prophète relève presque de la gageure tant l’exercice compte de devanciers fameux comme le Libanais Khalil Gibran. Salim Bachi n’a pas choisi de relater tous les détails connus de la vie de Mahomet, tels qu’il aurait pu les trouver dans les oeuvres de ses prédécesseurs ou chez les exégètes religieux. Il ne se propose pas non plus d’exposer objectivement les faits sans mettre en doute ou en discussion les interprétations des documents connus.

Le récit suit l’ordre chronologique, ponctué de retours en arrière, qui répondent aux souvenirs personnels des quatre voix choisies pour l’évoquer. Ces quatre narrateurs, qui disent « je » à tour de rôle, sont Khadija, la première femme de Mahomet, Abou Bakr le fidèle compagnon, Khalid, le général qui conquit l’Iraq, surnommé par Mahomet lui-même « le sabre de l’islam », et Aïcha, la dernière épouse.

Le lecteur a le sentiment d’assister à la fois à la naissance d’une religion qui va s’étendre et se propager dans le sang, par le biais de chefs de guerre exigeant des têtes. Il lui semble également saisir en profondeur un être singulier, unique et très humain. On découvre ainsi, au fil de la narration, des anecdotes sur son caractère et ses habitudes. Par exemple le Prophète a une voix extraordinaire, « d’une amplitude et d’une douceur infinie ». Il aime les femmes. Khadija et Aïcha évoquent avec pudeur certaines scènes érotiques vécues avec lui. Il est également question de son calme en toutes circonstances, de son affabilité. On apprend qu’il est de taille moyenne, qu’il a l’esprit clair, le verbe coloré, la sentence magistrale. Est aussi pointée sa nostalgie d’une enfance passée chez les Bédouins, son besoin de partager ses songes avec ses proches, son caractère de rêveur impénitent, juste et prudent, qui ne dédaigne pas de se confier…

Salim Bachi fait ici oeuvre de romancier véritable en donnant voix au chapitre à des personnages entrés au service d’un homme mythique qui a bouleversé le monde. La réussite de l’entreprise tient en ce que cette multiplicité d’inventions, basées sur des faits relativement avérés, ne crée nullement un effet d’incertitude sur la personne du Prophète mais au contraire nous la restitue dans toute sa dimension humaine. Pour « purifier » cette fiction, Salim Bachi a toutefois décidé de placer des versets du Coran en tête de certains chapitres. L’écrivain joue aussi un peu avec certaines vérités établies par le dogme. Il y a, par exemple, que le personnage de Khadija dément l’illettrisme pourtant légendaire de son époux. Du coup, le code de la vraisemblance réaliste se voit battu en brèche, déstabilisé dès les premières pages.

De la révélation prophétique à l’ultime prière, le Silence de Mahomet est un conte monothéiste de facture très moderne.

Muriel Steinmetz, in "L'Humanité" du 30 oct 2008.

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29 octobre 2008

L'Algérie et de ses artistes

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L'Algérie regorge de tant de talents: écrivains, cinéastes, penseurs et musiciens qu'elle peut se dispenser de lire leurs livres, de regarder leur films ou d'écouter leur musique. Il faut encore le dire, au risque de se répéter : l'Algérie n'a pas besoin de ses artistes, et les artistes algériens se doivent de le comprendre enfin. Quand ils ne sont pas ignorés, marginalisés, clochardisés pour la plupart, les artistes algériens sont interdits de publication, de diffusion de leurs ouvrages et, de plus en plus souvent, jetés en pâture à la vindicte populaire. Pour certains, cela va même jusqu'au déni d'identité ou de nationalité. De quoi n'a-t-on pas traité certains d'entre-eux ? Ce sont les derniers des derniers, c’est connu. Vrai : l'Algérie va à sa perte, des milliards sont détournés depuis trois décennies, la violence est endémique, voire épidémique, c'est la faute de ses artistes, c'est notre faute, répètent jusqu’à la nausée nos censeurs. Que l'on cesse de nous donner des leçons de bonne conduite et que l'on commence par nettoyer les oubliettes et les fosses communes de l’Histoire où gisent les illusions de millions d’Algériens ! Quant à nous,  artistes algériens, on se doit de ne pas avoir la mémoire courte et de savoir compter avec ceux qui veulent nous faire taire. Ils emploieront tous les moyens à leur disposition ; ils l'ont déjà fait par le passé, ils le feront à l'avenir.

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27 octobre 2008

La censure sévit toujours en Algérie! Tuez-les tous et Le village de l'Allemand interdits de Salon du livre d'Alger!

La censure sévit toujours en Algérie! Tuez-les tous et Le village de l'Allemand interdits de Salon du livre d'Alger!

Selon le quotidien arabophone Echorouk: "Les services de censure au niveau du palais des expositions ont interdit l’introduction de six titres au salon internationale du livre, dont le livre de Boualem Sensal « le village Allemand », et l’ouvrage de Salim Bachi « tuez les tous ».

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Selon nos sources, le nombre de livres interdits d’exposition dans l'édition de cette année du salon international du livre a régressé suite aux conditions imposées par la tutelle aux maisons d’éditions.

Par ailleurs, seul les maisons d’éditions auront droit d’exposer au niveau de la Safex, avec un total de 400 maisons d’édition représentant 23 pays.

La commission spéciale du salon international du livre a en outre décidé de bloquer les livres de Boualem Sensal et de Salim Bachi édités par  les publications Gallimard de France en début d’année.

Le livre de Sensal a été interdit d'exposition à cause de des positions extrémiste de l'auteur. Il avait déjà exprimé ses positions dans ses publications précédentes. Dans un entretien accordé au quotidien français  « le Nouvel Observateur », sansal a séverement critiqué le ministre algérien des Moudjahidines (ancien combattants) pour ses propos sur le lobby juif en france."

voir le lien vers le quotidien : http://www.echoroukonline.com/fra/top_infos/2410.html

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08 octobre 2008

La voix du peuple

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Romulus évaporé pendant un orage, siégeant parmi les dieux, Numa le sage lui succède. C’est le premier roi d’une lignée de six rois légendaires. Il laissera dans l’imaginaire romain une très bonne impression puisqu’il instaurera la majorité des cultes que l’on rendait aux dieux de la Ville. Tullus Hostilius, lui, sera hostile et querelleur comme son nom l’indique peut-être. Il est connu pour avoir détruit Albe et déplacé sa population à Rome. Il aurait querellé Jupiter lui-même. Celui-ci l’aurait foudroyé pour le faire taire à jamais.

De ce règne date une autre légende, celle des Horaces et des Curiaces, prétexte à nouveau barbouillage.

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Après avoir vaincu trois Curiaces, les champions d’Albe, Horace le vaillant assassine sa propre sœur. La malheureuse pleurait la mort d’un des trois frères. La petiote avait eu une histoire avec le bel étranger comme cela arrive parfois. Le jeune et terrible Horace aurait normalement dû être exécuté pour ce forfait. Il fit appel au peuple, qui le gracia, encore tout émoustillé par ses victoires sur les abominables Curiaces. Il appartiendra désormais à tout citoyen romain, menacé de mort ou d’exil, le droit d’être jugé par le peuple s’il le souhaite, c’est la provocatio.

Ancus Marcus, le troisième roi, est connu pour avoir fondé le port d’Ostie, ville desservie par le métro. Il aurait aussi mis en place un rituel destiné à rendre légitime toute déclaration de guerre sans passer par le conseil de sécurité de l’ONU ; on sait l’importance d’un tel privilège. Le rite des Fétiaux, ou recherche d’armes de destruction massive, prenait les dieux à témoin que la cause des Romains était juste. On agitait une fiole sensée contenir de l’anthrax, et si on n’obtenait pas réparation, la guerre devenait effective et l’on pouvait bombarder Bagdad et piller son musée. Pour ce faire il suffisait alors au chef des Fétiaux, le Pater patratus, de lancer contre le territoire ennemi une javeline en bois de cornouiller. Maintenant les javelines sont à réaction, mais cela revient au même.

La mort d’Ancus Martius mit fin à la lignée des rois latino-sabins.

Trois rois étrusques succèderont à ces derniers. Tarquin l’Ancien, le parvenu, ouvre le bal. Sorte de Macbeth étrusque, il est poussé par sa femme Lady Tanaquil à déposséder ses pupilles, les fils d’Ancus Martius. Installé sur le trône de Rome, il introduit la civilisation dans le coin et assèche le Forum. On lui attribue aussi la création des premiers Grands Jeux, donnés dans la vallée du Grand Cirque. Sa politique militaire vise à l’expansion de Rome au dépends des peuples sabins et sur le reste des cités latines. Il construit aussi le premier système d’égouts, le cloaca maxima, le grand merdier. Il meurt victime de la vengeance des fils d’Ancus Martius. Mais Lady Macbeth Tanaquil, qui a oublié d’être bête, finit par placer son gendre, Servius Tullius, sur le trône. Il aurait été le fils d’une esclave et du Lare domestique, dieu du foyer et sorte d’énorme phallus où se serait emmanchée l’esclave. Sa belle-mère Tanaquil, sorcière à ses heures, aurait su grâce aux divers « prodiges » entourant sa naissance que le gendre servile était promis à une haute destinée.

Celui-ci met en place les premières juridictions romaines. Il élabore une Constitution. Il divise la ville en quartiers, la région en territoire et commence à lever des impôts. Il hiérarchise la société romaine par ordre de fortunes pour permettre le recrutement des soldats. La société devra compter cinq classes de citoyens. La dernière classe, la plus pauvre, n’accomplira pas de service militaire. Il agrandit la ville et l’enserre dans une muraille, la ceinture servienne. Il est à son tour assassiné par sa fille et son gendre, Tarquin le Superbe, dernier roi de Rome.

Tintoret__le_viol_de_Lucr_ce__dTarquin sont chassés et la monarchie abolie. La République est proclamée en 509 avant J.C.

Tarquin le Superbe abolit la constitution de son prédécesseur mais poursuit néanmoins la politique d’expansion urbaine de Servius. En guerre contre les Latins, il triomphe d’eux grâce à une trahison de son fils, Sextus. Ce dernier, violent comme son père, tombe amoureux de Lucrèce, femme d’un de ses parents, Tarquin Collatin. Il la viole. La femme, de dépit et de honte, se suicide pour préserver l’honneur de son mari. Cela donnera naissance à l’un des poèmes de Shakespeare, Le viol de Lucrèce, immense conflit fratricide qui débouche sur la mort de la victime et le soulèvement du peuple de Rome. Les

(photos droits réservés).

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03 octobre 2008

Le silence de Mahomet numérisé!

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Chers amis et visiteurs assidus de ce blog, trois librairies gallimard ont décidé de proposer à la vente Le silence de Mahomet en format numérique. Je vous laisse juge de ce choix et de ce qu'il implique à terme pour le livre et la librairie en général. En attendant, pour les plus férus de nouvelles technologies, sachez que vous pouvez télécharger mon roman au format ePub!

Posté par salimbachi à 10:10 - Actualité - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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