Le chien d'Ulysse/Le blog de Salim Bachi

Le blog de salim bachi

26 janvier 2009

Le métier de vivant...

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La passion est un dur métier, c'est connu. Celui d'éditeur demande beaucoup d'opiniâtreté et parfois du courage. Aussi je ne vous cacherai pas que j'ai pris un grand plaisir à lire l'autobiographie, ou devrais-je dire les mémoires, du plus sulfureux d'entre-eux, Jean-Jacques Pauvert. L'éditeur de l'intégrale de Sade, de Bataille, de Pauline Réage - Dominique Aury pour l'état-civil -, n'en manquait guère. Si parfois il risqua la prison, ce fut surtout l'opprobre qui le menaça à une époque qui n'avait pas connu la libération sexuelle en France. J'ajouterai que dans de nombreuses contrées cette libération des moeurs, mais surtout des femmes en vérité, se fait encore attendre. Surtout ne suivez pas mon regard... Il suffit à présent de dire ou d'écrire des choses bien anodines pour être accablé par la terre entière. J'en sais quelque chose puisque mon dernier roman est interdit par le ministère des affaires religieuses tunisien, inexistant en Algérie, et fort débattu au Maroc... Dieu seul sait, ou ne sait pas, que je ne suis coupable de rien. Imaginez que des éditeurs tels Pauvert n'aient pas existé en France, Gallimard aurait peut-être refusé de publier "Tuez-les tous" ou "Le silence de Mahomet", deux livres qui hérissent les censeurs maghrébins, police politique, des moeurs et braves gens... Regardez un livre aussi anodin que "Le chien d'Ulysse", il m'a valu beaucoup d'ennuis parce que mon personnage y déclarait que l"'Algérie était un bordel tenu par des maquereaux galonnés". Ce qui est archi-faux, tout le monde le sait... Bon, voilà les amis, je vous conseille de lire La traversée du livre, les mémoires de Jean-Jacques Pauvert.

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24 janvier 2009

Naissance d'une nation...

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Dans la série rentrée littéraire, saison 45, du mois de janvier, je ne saurais trop vous conseiller de lire le dernier roman de Denis Lehane, Un pays à l'aube, publié par la célèbre maison d'édition Rivages. Denis Lehane, pour les amateurs de littérature de genre, n'est plus un inconnu puisque beaucoup de ses  polars ont été adaptés au cinéma à l'instar de Mystic river ou de Gone baby gone, bons films du reste même si le premier m'a quelque peu ennuyé. Avec Un pays à l'aube, Denis Lehane dépeint une amérique à l'aube de sa puissance qui sort tout juste de la Grande guerre. Le roman commence en 1918 et se situe à Boston en prenant pour sujet la police de la ville en lutte contre la grippe espagnole, le terrorisme (eh oui, déjà) et la monté en puissance des tensions raciales. Il s'agit là d'un roman ample, puissant, qui n'est pas sans rappeler les Démons ou les Frères Karamazov de Dostoïevski.
Mystérieusement, le livre traduit américain le plus intéressant de cette rentrée n'est pas le dernier Paul Auster, mais ce roman envoûtant, vif, intelligent et qui ne cesse d'interroger la mauvaise conscience d'une nation qui commence à s'ébrouer avant de s'élancer à la conquête du monde. Ah bien sûr, le livre peut-être rangé hâtivement dans la catégorie "thriller", se diront certains. Pour ma part, j'ai toujours considéré Crime et Châtiment comme un merveilleurs roman noir. Bon, je vous laisse contempler ce Pays à l'aube.

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15 janvier 2009

Trois singes...


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Le dernier film de Nuri Bilge Ceylan, prix de la mise en scène à Cannes, est un chef-d'oeuvre qui aurait mérité la palme d'or. Mais comme le monde est bien fait depuis que l'univers des prix existe, il n'a obtenu que le lot de consolation. Que dire de ce film? Allez le voir, ne vous laissez pas distraire... Il s'agit en l'occurrence d'un drame familial aux résonances tragiques. Un homme se dénonce à la place de son patron et prend sa place en prison. Il laisse son fils et sa femme. Celle-ci noue une relation avec le patron de son mari et en tombe amoureuse. Le fils s'en aperçoit et la famille se déglingue alors que le père sort de prison.

Filmé dans la banlieue d'Istambul, sans cesse baigné par la lumière du Bosphore, ce film intaure un climat tragique au pouvoir quasi hypnotique sur le spectateur. Les acteurs sont toujours très justes, sans une parole de trop : les visages expriment tout et, pourtant, ne livrent rien des tourments intérieurs où brûlent leurs passions. Pour corser le tout, un revenant, le fils cadet mort, vient hanter la conscience familiale...

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Posté par salimbachi à 18:45 - Cinéma - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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