Le chien d'Ulysse/Le blog de Salim Bachi

Le blog de salim bachi

29 mars 2009

La lumière dans la nuit...

Lum

J'avais aimé La pensée chatoyante de Pietro Citati. Je trouvais que c'était là un livre intéressant, juste et beau sur l'Odyssée. J'en conseillerais donc la lecture à l'amoureux d'Homère et des vieux contes antiques. De la même manière, j'ai aimé lire La lumière de la nuit, cette traversée des mythes, de tous les mythes et  de toutes les religions de l'humanité; c'est vrai qu'il y en a un paquet que Citati défait avec art et malice. C'est aussi dans ce livre d'étrange facture, où les contes mènent aux contes, sorte de Mille et une nuits de la mémoire humaine, que j'ai trouvé, pour la première fois, l'affirmation que les dires de Shahrazède (Shéhérazade) avaient influencé la littérature mondiale, Proust compris. Je pense souvent que La Recherche est calquée sur le recueil des contes arabes... Non, ce n'est pas  juste un emprunt, ou une vulgaire imitation, mais souvent le Narrateur du roman proustien est comme la conteuse qui déroule au fil des nuits l'immense toile des songes. Et si le jeune Marcel attend sa mère avec tant de désir et de douleur, c'est qu'elle est chargée de la mémoire familiale et de la mémoire du monde. Un autre beau roman est plein des Nuits : c'est Le comte de Monte-Cristo, que je ne cesse de lire en avion et seulement en avion, allez savoir pourquoi, mais c'est le seul roman que je peux ouvrir pour conjurer l'angoisse d'être suspendu dans les airs... Je ne connais pas un seul livre qui soit autant un hommage sans voile ( et vive la liberté des dames) à la belle conteuse qui enchanta son roi et l'abandonna incertain et sans armes... Comme le roman de Dumas s'épuisera un jour, je me console en me disant que je pourrai toujours me munir des Mille et une nuits, qui est un livre inépuisable. Ou relire La lumière de la nuit de Pietro Citati.

 

Posté par salimbachi à 21:47 - Littérature - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


23 mars 2009

Un jeudi à Palerme...

Scuola_Statale_Maria_Adelaide_Palerme

Salim_Bachi

Une conférence à Palerme devant des lycéens n'est pas chose anodine. Lorsque l'une me demande timidement si je suis croyant, je réponds que j'ai la foi des bâtisseurs de cathédrales... Et je ris, comme disent les gens sérieux, je ris de ma propre réponse... Quelle doit être la foi d'un écrivain? Vous le savez-vous? Croire que la beauté  colorée du monde peut-être transcrite en caractères noirs sur une feuille blanche? Beau programme, n'est-ce pas? Ou alors se promener dans le cloître du Duomo di Monreale, longer le jardin jusqu'au bord de la mer, au loin... Admirer l'explosion de lumière sur les mosaïques byzantines, écouter les feuilles d'acanthes s'enrouler sur les fines colonnes de marbre... Ou se promener dans une église sans toiture et s'asseoir dans un jardin dévasté pour y rêver à un monde plus juste où seule la danse s'instituerait comme un culte? Faut-il vivre avec son temps et adhérer aveuglément à toutes les injonctions de ses contemporains? Ou suivre son chemin comme la fourmi rouge si chère à Kateb Yacine?

_Chapitaux

DSC01885
 

DSC01938

Posté par salimbachi à 13:11 - Promenades - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2009

Interview de Salim Bachi par Ilaria Vitali pour la revue universitaire Francofonia, n. 55, 2008, p. 97-102

One_Thousand_and_One_Nights17


«SHÉHÉRAZADE NE S’ARRÊTE JAMAIS»: ENTRETIEN AVEC SALIM BACHI

Par Ilaria Vitali

Ilaria Vitali: Les titres de vos romans renvoient de façon inévitable tantôt à la tradition grecque (Le Chien d’Ulysse), tantôt à la culture orientale (La Kahéna). On voit bien ici les deux pôles autour desquels vous bâtissez votre œuvre. S’agirait-il d’une tentative de confronter deux univers différents, voire «inconciliables», et de les faire fusionner?

Salim Bachi: Il ne m’a jamais semblé que ces univers étaient dissemblables. Bien au contraire, ils sont enchevêtrés. Et Le Chien d’Ulysse, comme La Kahéna, tiennent à rendre compte de cette singulière proximité des cultures classiques et orientales. La vision d’un monde «rompu», si chère à certains prophètes du choc des civilisations, n’a pas lieu d’être en histoire. Et contrairement à ce que pensent certains, l’irruption de l’Islam dans le bassin méditerranéen n’a pas irrémédiablement coupé le monde en deux parties antagonistes. La diffusion de la culture classique (grecque et latine) s’est intensifiée aux IXe et Xe siècles de notre ère, que ce soit en Iraq (période abbasside) ou en Andalousie. Plus tôt, la civilisation carthaginoise était à la fois punique et grecque. Massinissa, allié de Rome pendant les deuxième et troisième guerres puniques, voulait, en Afrique du Nord, établir un royaume grec.

I.V.: Les références aux mythes grecs (Ulysse, Orphée, Thésée etc.) sont récurrentes dans vos romans. En quoi la culture grecque ancienne a-t-elle influencé votre œuvre?

S.B.: J’ai commencé à lire, de manière sérieuse, dans l’Iliade et l’Odyssée. Mes deux influences enfantines, ou infantiles si l’on veut, furent d’un côté les mythes grecs et de l’autre Les Mille et Une Nuits: faces d’une même pièce d’argent. J’y trouvais le même merveilleux, puisque les deux œuvres m’enchantaient également. Plus tard, j’ai lu les tragiques grecs; surtout Eschyle et Sophocle.

I.V.: Dans Autoportrait avec Grenade, vous affirmez avoir découvert le charme des Mille et Une Nuits dans leurs traductions françaises, notamment celles de Galland et de Mardrus. Que représente ce livre pour vous? Y voyez-vous la représentation de l’univers oriental par excellence, ou peut-être celle de la souveraineté de la parole et du pouvoir du conteur?

S.B.: Vous venez de répondre à la question. Oui, bien sûr, l’enchantement de la parole. La construction merveilleuse de l’univers et du texte. L’enchâssement des contes jusqu’au vertige.

I.V.: Dessinée en filigrane, la figure de Shéhérazade revient constamment dans vos romans. Je pense notamment à La Kahéna, où tout commence et s’achève sur une femme, au point que l’histoire entière semble être déclinée au féminin. La génération d’écrivains-femmes de Leïla Sebbar et Assia Djebar a exploité la figure de la célèbre conteuse pour libérer les «femmes d’Alger» de «leur appartement». Votre exploitation de Shéhérazade est, me semble-t-il, tout à fait différente, et je voudrais savoir en quoi ce mythe polymorphe vous a influencé.

S.B.: Merci de relever que La Kahéna est un roman féminin. J’en suis très fier et cela n’a pas été souvent remarqué. Shéhérazade dans La Kahéna est celle qui sauve le monde de l’oubli et donc de la mort. Elle est la parole qui fait surgir les spectres qui peuplent les recoins de la grande maison algérienne. J’ai cherché à faire du lecteur une femme, une Shéhérazade en puissance. Cela m’amusait de féminiser le monde. C’est peut-être cela le plus important chez elle: elle féminise le monde. Elle le civilise par la parole. C’est la victoire du verbe sur le glaive.

I.V.: Dans la construction de votre univers fictionnel, et notamment de la ville de Cyrtha, vous vous êtes servi à plusieurs reprises de l’image du labyrinthe. Situé au carrefour de deux mondes, le labyrinthe est un lieu topique et symbolique majeur: certains y voient la représentation de la culture grecque ancienne, d’autres l’image topique du monde maghrébin. Que représente pour vous l’image du labyrinthe?

S.B.: L’artiste est le symbole de l’homme dans son labyrinthe. «Antique père, antique artisan, assiste-moi maintenant et à jamais», clame à peu de choses près Stephen Dedalus à la fin du Portrait de l’artiste en jeune homme. Dédale est père de toutes les «industries», bien avant Ulysse; il est donc aussi maître d’œuvre. L’artiste est celui qui domine le labyrinthe. Il l’érige, s’y perd, et le survole. Il s’en échappe et ne se brûle pas les ailes. À travers la forêt obscure des mots, il trouve son chemin, guidé par un poète ou par son génie propre.

I.V.: Les livres sont très présents dans vos romans. Vous parsemez souvent vos ouvrages de références explicites – ou implicites – à de nombreux textes littéraires, en créant ainsi une sorte de bibliothèque personnelle, que vous aimez partager avec votre lecteur. Quels sont les écrivains – de la tradition arabe, ainsi qu’occidentale – qui figurent dans votre «bibliothèque personnelle», ceux qui ont le plus influencé votre formation et par conséquent, votre œuvre?

S.B.: J’ai, je crois, partiellement répondu à votre question. Homère, Eschyle, Les Mille et Une Nuits, Joyce, Flaubert, Shakespeare, Kateb Yacine, Faulkner etc. Je pourrais continuer encore mais cela semblerait un peu cuistre.

I.V.: De temps à autre, vous aimez vous mettre en scène vous-même dans vos romans. Je pense notamment à Autoportrait avec Grenade, où vous rencontrez vos propres personnages, ainsi que l’écrivain García Lorca. Ce procédé métafictionnel est un pur jeu stylistique, ou servirait à produire un sens ultérieur (par exemple à guider, en quelque sorte, le lecteur, et à le mettre sur la bonne route)?

S.B.: Autoportrait avec Grenade est typique de l’homme dans son labyrinthe. Submergé par la vie, par mon œuvre, je me débats au risque de l’impuissance. Le voyage, réel et imaginaire, est une solution de sortie de crise. Une position de repli. Il me fallait en quelque sorte faire le point. Je dirais que mon double fictionnel est venu me tendre la main pour me conduire à travers la selva oscura.

I.V.: Dans vos romans, vous mélangez souvent les genres littéraires, en insérant des carnets, des morceaux de journaux intimes, des chansons, des poèmes, refusant la création d’un roman linéaire. Vous attachez aussi, me semble-t-il, une grande importance à la présentation typographique de la page, en laissant des blancs, ou en séparant les parties de vos romans par des lignes horizontales (notamment quand un changement générique a lieu). S’agit-il d’un procédé qui répond à un souci esthétique, voire à une poétique subjacente à votre œuvre?

S.B.: Il s’agit en fait de polyphonie. Je cherche aussi ma voix quand je ne trouve pas la voie. Je tente d’être un peu cubiste, avec beaucoup de retard, c’est vrai. J’aurais aimé naître au début du XXe siècle, à Dublin, Malaga ou Paris…

I.V.: Votre langue littéraire est classique, très raffinée et très recherchée. Vous aimez néanmoins mélanger des termes exogènes au français standard (mots arabes, ou espagnols dans le cas d’Autoportrait avec Grenade etc.). S’agit-il de la création d’un nouvel idiolecte littéraire?

S.B.: Je n’aime pas franciser quand cela n’a pas de sens. En Espagne la Plaza n’est pas une place. Je n’aime pas lire Place d’Espagne à l’endroit de Piazza di Spagna. C’est comme ça. Je ne cherche pas non plus l’exotisme du langage pour la couleur locale. D’abord parce que je ne suis pas un polyglotte émérite et ensuite parce que cela n’est pas naturel et relève souvent d’une forme de complexe. Je suis de ceux qui préfèrent, à l’intérieur d’une langue, dévoiler une langue étrangère. C’est déjà un sacré travail!

I.V.: Quelques questions autour du paratexte de vos romans: collaborez-vous à la réalisation iconographique de la couverture? Écrivez-vous la notice bio-bibliographique?

S.B.: Je ne m’intéresse guère aux couvertures de mes livres parce qu'ils paraissent sous une couverture générique appelée la blanche chez Gallimard. J'ai choisi l'illustration de mon récit Autoportrait avec Grenade paru aux éditions du Rocher. Souvent j'écris moi-même la quatrième de couverture ou prière d'insérer.

I.V.: Les Douze contes de minuit reprend le monde fictionnel de Cyrtha. Peut-on parler d’un véritable cycle romanesque? Pensez-vous revenir sur Cyrtha et ses personnages à l’avenir?

S.B.: Oui, d'une certaine manière, puisqu'il s'agit ici d'un recueil de nouvelles et non plus d'un roman. Mais disons plutôt un cycle fictionnel avec pour centre du cercle la ville de Cyrtha. J'y pense, oui, mais je ne crois pas que cela se fera dans l'immédiat. J'ai pour l'instant une autre idée: continuer à développer mon cycle religieux entamé avec Tuez-les tous et qui s’est poursuivi avec mon dernier roman, Le silence de Mahomet. Il s'agit d'un roman, comme son titre l'indique, portant sur la vie de Mahomet. Mais une vie vue, entraperçue, à travers les confessions de quatre personnages historiques: sa première femme Khadija, son meilleur ami, le calife Abou Bakr, le premier général musulman, Khalid et enfin, sa plus jeune femme, Aïcha. Il y aura peut-être un troisième volet, sous une forme ou une autre.

I.V.: Pourquoi un roman sur Mahomet ? Pour faire une enquête sur son temps et sur les origines de l’Islam, ou peut-être pour mieux comprendre l’Islam actuel ?

S.B.: Les deux sans doute. Mais avant tout pour donner vie à un personnage que la sacralisation a figé au point de le caricaturer. Redonner vie au mythe m’intéressait par dessus tout. Je poursuis toujours les mêmes chimères, à savoir comprendre de l’intérieur les mythes qui nous constituent toujours à notre insu. Pour l’islam, la figure de Mahomet, telle qu’elle a été transmise au cours de l’histoire, me fascinait. J’ai voulu passer derrière le miroir. Bien entendu, cela peut nous aider à comprendre les enjeux contemporains, historiques et idéologiques. Mais, encore une fois, l’humanité d’un tel personnage, pourtant masqué, et pour cause, me taraudait à un point qu’il est difficile d’imaginer : j’avais besoin de le retrouver à travers la fiction, mais une fiction biographique, quasi documentaire, débarrassée de certains enjeux actuels.

I.V.: Dans Le Silence de Mahomet le lecteur perçoit d’une façon très nette le changement des voix narratives, qui implique un changement du point de vue. Quel travail avez-vous fait sur la langue pour obtenir cet effet ?

S.B.: Je me suis laissé envahir par ces voix qui m’assiégeaient. J’ai cherché à donner un rythme à chaque personnage en fonction de son caractère et du rôle historique qu’il avait joué. Dans ce cas-là, il faut comprendre l’histoire dans un sens aussi large que possible, une histoire qui englobe le mythe et la sacralité. Ainsi nous ne savons rien ou pas grand-chose de la première période de la vie de Mahomet à la Mecque. Qui était Khadija, sa première épouse ? les chroniqueurs semblent se taire par manque de connaissance ou peut-être pour masquer quelque chose. J’ai donc entièrement imaginé la vie de Mahomet avant sa première révélation. Une vie familiale et appaisée bien que taraudée par l’angoisse de la mort.

I.V.: Vous avez parfois recours à la technique de l’autocitation, ce qui crée, d’un roman à l’autre, de véritables labyrinthes narratifs où l’on peut suivre l’itinéraire d’une phrase, qui devient ainsi une sorte de refrain. Je pense par exemple aux trois constellations – Ganymède, Cassiopée, Orion – qui reviennent plusieurs fois au cours de votre œuvre, en traçant une sorte de plan céleste à suivre. Je voudrais savoir si vous vous servez de cette technique dans le but de renforcer les liens entre vos romans, qui, finalement, semblent rentrer tous dans le même univers fictionnel.

S.B.: Oui tout est lié. Les contes appellent d’autres contes. Shéhérazade ne s’arrête jamais. Le monde n’est jamais figé. La vérité est multiple. Tout est dans la relation.

I.V.: Et, dans le cas des constellations, pourquoi choisir précisément celles-là?

S.B.: Je ne les ai pas choisies; elles m’ont choisi.

352px_One_Thousand_and_One_Nights18

 



Salim Bachi est né à Alger en 1971 et a passé son enfance à Annaba, dans l’Est algérien. Après un séjour d’un an à Paris en 1995, il y est revenu en 1997 pour y faire des études de lettres. Pensionnaire à l’Académie de France à Rome en 2005, il vit désormais à Paris. Aux Éditions Gallimard, il a publié quatre romans et un recueil de contes: Le Chien d’Ulysse, en 2001 (Prix Goncourt du Premier roman); La Kahéna, en 2003 (Prix Tropiques); Tuez-les tous, en 2006; Les Douze contes de Minuit, en 2007 et Le Silence de Mahomet, en 2008. Il est également l’auteur d’un récit-autofiction, Autoportrait avec Grenade, publié en 2005 à Monaco aux Éditions du Rocher.

Commencée par e-mail au printemps 2006, cette interview s’est prolongée en mars 2007, à l’Université de Bologne, lors d’un séjour en Italie de Salim Bachi. Cette interview vient de paraître dans la revue Francofonia, n. 55, 2008, p. 97-102

Posté par salimbachi à 08:00 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mars 2009

Don Quichotte lit Ulysse...

arton3206

Don Quichotte, en dépit de son célibat, a bien eu une descendance selon Julian Rios. Ses fils se comptent sur les doigts d'une seule main... mais alors quelle progéniture et quelles mains! Thomas Mann sur le bateau qui le conduit en exil en Amérique (eh oui, j'aime bien dire en Amérique et non aux States) lit le Quichotte. Il remarque alors un autre passager, solitaire et sombre, qui lit à son tour Ulysse de Joyce. Pour Julian Rios, il ne fait pas de doute, Thomas Mann et James Joyce sont les fils du célèbre Hidalgo, issu de la région qui a donné au monde un non moins célèbre fromage, d'où sans doute le "Quesada", l'une des nombreuses appelation contrôlée par Cervantès, de son chevalier à la triste figure... Bon, il faut vraiment prendre le livre en mains, comme Mann sur son bateau, pour goûter à la savoureuse onomastie qui ouvre le roman. La thèse de Julian Rios est simple, claire et concise puisqu'elle tient en à peine deux cents pages: Don Quichotte a bel et bien enfanté Ulysse, Feu pâle, La Recherche et moult oeuvres d'importance et de qualité. J'en passe et des meilleures...

arton2311

Mais ce que j'aime le plus chez Julian Rios, c'est son amour inconditionnel et intelligent de Joyce et de son chef-d'oeuvre. Il n'est pas un essai de cet écrivain espagnol qui ne revienne sans cesse sur le roman de Dublin; et un homme qui a de telles obsessions me plaît franchement comme disait Aragon de son héroïne en précisant qu'elle "était franchement laide"... Bon, pas grand-chose à voir avec Joyce et les obsessions de Rios, les unes dans les autres confondues. Il faut lire Julian Rios pour lire Joyce, ou est-ce le  contraire? Je m'y perds, pardon, il est si tard et Poldy m'attend devant le 7 Eccles street, à Dublin, Irlande, Monde...

Quichotte et fils et Chez Ulysse de Julian Rios sont tous deux disponibles chez Tristram.

Posté par salimbachi à 22:47 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 mars 2009

Paris s'endort...

Paris_est_une_f_te

Tout le monde a lu ou lira Paris est une fête d'Hemingway. Alors pourquoi en parler? Je ne sais pas; l'envie de partager un grand plaisir de lecture sans cesse renouvelé; l'idée que certains livres sont inépuisables tant ils recèlent de poésie et de vérité. Je me demande souvent si la poésie est mère de vérité ou le contraire; pour Hemingway la vérité du langage, le bon usage des mots, le rythme d'une phrase juste (il faut toujours se méfier d'un mot mal placé ou d'un adjectif de trop) était la seule vérité du romancier ou du conteur. On peut bien entendu en discuter pendant de longues soirées entre écrivains ou aspirants écrivains; on peut aussi lire le beau récit d'Hemingway, subtile évocation d'une jeunesse en artiste, dans une ville, Paris, qui n'est plus qu'un mythe à présent. Au lendemain de la première guerre, un jeune homme pouvait y croiser tout ce qui comptait comme artistes : Picasso, Stein, Pascin, Pound, etc. Et surtout il était admis en leur compagnie pour peu qu'il s'intéressât a l'art, aussi étrange que cela paraisse à présent en ces temps de méfiance et d'enfermement. On pouvait écrire et se loger pour pas grand chose en acceptant de sauter un ou deux repas dans la semaine. Rue de l'Odéon, Sylvia Beach et Adrienne Monnier vous prêtaient leurs livres ou vous permettaient de rencontrer Joyce qui n'y voyait déjà plus rien. Oui, il faut le dire, avec tristesse, Paris n'est plus une fête de nos jours.

Ernest Hemingway, Paris est une fête, folio.

Posté par salimbachi à 23:07 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1