Le chien d'Ulysse/Le blog de Salim Bachi

Le blog de salim bachi

29 mai 2009

De Kandinsky, de Juan Carlos Onetti et des aveugles...

Il y a longtemps que je n'ai posté de message sur ce blog! J'aime bien la forme syntaxique de cette première phrase... je me regarde écrire, pardon... Souvent un écrivain est d'abord quelqu'un qui se regarde écrire, comme un peintre  regarde ses gestes , ses lignes, ses couleurs se détendre sur la toile, et les étudie. A ce propos, je ne saurais trop vous conseiller d'aller voir l'exposition Kandinsky qui se tient jusqu'en août au centre Georges Pompidou à Paris. C'est un mystère que la peinture de cet abstrait malgré lui, qui commença par refuser d'adhérer aux premiers mouvements de l'abstraction russe, Malévitch en tête, puis qui, peu à peu, par ses célèbres Komposition, se détourna de la figuration pour une recherche profonde des motifs universels, géométriques et intimes, qui, tenus en lévitation dans l'espace creusé par la toile, inventaient une réalité nouvelle, aussi émouvante que celle de la représentation. Il y a un appel mystique chez Kandinsky, la recherche d'une éternité retrouvée...

Compositon_8


J'avais aussi le projet de vous parler du dernier livre de Mario Vargas Llosa, Voyage vers la fiction, qui est un formidable essai analytique et biographique de la vie  et de l'oeuvre de Juan Carlos Onetti que beaucoup de lecteurs de la littérature sud-américaine persistent à négliger encore, et qui sans doute fut le plus grand avec Lézama Lima et Joao Guimaraes Rosa pour d'autres raisons. En ces temps étranges où il ne fait pas bon dire ses influences, ses admirations "exotiques", et où la préférence nationale, même en littérature, semble de rigueur pour certains écrivaillons, il est rafraîchissant de lire un essai qui rappelle une bonne fois pour toutes que la bonne, la véritable littérature, se moque des nationalismes, du pittoresque, et puise sa force, sa richesse dans la manière dont elle digère les grandes influences, en l'occurence, pour Onetti, Faulkner et Proust, qu'il tenait pour les plus grands écrivains du vingtième siècle, ce qui ne l'empêcha pas d'atteindre au même degré d'excellence et de mener une vie libre de toutes entraves idéologiques ou pseudo esthétiques. Je vous avouerai que les élucubrations de certains écrivains  algériens sur la littérature qui devrait être celle de leurs contemporain me laisse de marbre. Depuis quand les aveugles se mêlent-ils de peindre ou de donner des leçons de composition si chère au grand Kandinsky?

Voyage_vers_la_fiction

 

Posté par salimbachi à 10:03 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


« Accueil  1