Le chien d'Ulysse/Le blog de Salim Bachi

Le blog de salim bachi

30 septembre 2008

Une autre devinette...

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Je l'ai rencontrée à Rome; son regard est l'un des plus intenses de la peinture de la Renaissance. Sa gloire est certaine, même si elle est moins connue que Mona Lisa. Pourquoi a-t-elle fait couler autant d'encre, et même de peinture? Le mystère est en partie levé depuis le précédent post, et pourtant... Vous pouvez, bien entendu, comparer la donna velata et ce tableau, et devenir, à votre tour, d'éminents critiques d'art. A vos claviers!

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29 septembre 2008

Une devinette picturale...

Devinette

Je me laisse souvent envoûter par une belle image, un beau tableau. Celui-ci est l'un des plus merveilleux qui soient, des plus touchants aussi. De quel tableau s'agit-il? Qui est cette femme? Je suis sûr que vous l'avez déjà deviné. Le prince des peintres charme encore nos yeux. Je trouve que le mystère qui entoure une oeuvre est encore plus intéressant que celle-ci. Ainsi, je me souviens, enfant, je découvrais ces merveilleuses images dans un vieux Larousse, et je me laissais aller à mes désirs... Songes...

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28 mai 2008

Le temps arrêté

Je n’ai pas connu Claude Verdier. Christian m’en parle souvent quand il évoque leur arrivée à Paris, leur jeunesse, leurs voyages. Quand il parle de la mort aussi. Mais pour cela, il faut lire Après toi. Ma rencontre avec l’œuvre de Claude Verdier, je l’ai faite par l’entremise d’un livre de Christian, Fragments tunisiens. Sur la couverture, un dessin de la mosquée de Djerba, sublime et énigmatique. Il est reproduit dans ce livre que vous tenez entre les mains. Cherchez bien, voilà, vous y êtes ! La mosquée s’élève blanche contre un ciel noir d’été. Un ciel africain. On se serait attendu à l’inverse. Un ciel blanc pour une mosquée noyée dans l’ombre noire. Cette inversion, c’est le détail qui tue, pour parler jeune. D’ailleurs, on l’entraperçoit, la grande faucheuse ; subreptice, elle grimpe l’escalier qui conduit au minaret. Je l’imagine vêtue de blanc, s’introduisant dans la salle de prière où seule elle s’agenouille, où seule elle psalmodie pour nos âmes. Nous sommes morts. Depuis une éternité déjà. Qui se souvient ? Le ciel noir. Ces murs blancs qui invitent au silence, au recueillement. Nous sommes morts. Le temps n’existe plus pour nous.

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Plus loin, dans le livre entre vos mains, cette ruelle vide de Goudargues, et ces grandes maisons de pierre. Le mistral souffle entre les pierres ocres, à rendre fou. Ou ne souffle plus depuis mille ans. Cette ruelle existait à l’aube de l’humanité, elle existera quand l’humanité se sera éteinte. On s’y promène aussi bien dans le midi de la France qu’au Maghreb, en Orient, entre le Tigre et l’Euphrate où des ruelles ont surgi des sables pour dessiner les premières perspectives. Asseyez-vous, écoutez, et l’Eternel vous parlera. Ou se taira. Et le silence sera plus assourdissant que le mistral qui souffle à Goudargues, dans une venelle sans nom où l’homme est né.Rue___Goudargues

Encore plus loin, des paysages comme des chevelures. Des scalps, pour parler indien cette fois. Sur le faîte de ces collines, un village comme un vestige qu’il faut scruter, débroussailler. La plume et l’encre de Chine ont recouvert toute la page comme un bruissement de feuilles et d’ailes. Ce sont des milliers de signes inconnus qui s’affranchissent et se mettent à vivre en descendant dans la vallée. Les lettres du calligraphe se sont renversées sur le papier blanc, ont roulé comme des billes, se sont arrêtées au bord du précipice. Cette fois, les traces, toutes les traces, ont failli disparaître en emportant la colline, le village, le monde.

claude_verdier

Je ne dirai plus rien du travail de Claude Verdier. Il faut le voir. Il s’y joue quelque chose qui me touche profondément. Face aux dessins de Claude Verdier, je suis le spectateur d’une antique tragédie où l’homme n’est qu’un pantin dont la présence ou l’absence ne signifient rien. Seule la scène, vide, demeure.


Claude Verdier : Nature vive
  de  Olivier Germain-Thomas et Christian Giudicelli,
éditions  Privat,  (26 oct  2007).

                                                               

Après toi, Christian Giudicelli, éditions du Seuil, 2004.

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