08 octobre 2008
La voix du peuple
Romulus évaporé pendant un orage, siégeant parmi les dieux, Numa le sage lui succède. C’est le premier roi d’une lignée de six rois légendaires. Il laissera dans l’imaginaire romain une très bonne impression puisqu’il instaurera la majorité des cultes que l’on rendait aux dieux de la Ville. Tullus Hostilius, lui, sera hostile et querelleur comme son nom l’indique peut-être. Il est connu pour avoir détruit Albe et déplacé sa population à Rome. Il aurait querellé Jupiter lui-même. Celui-ci l’aurait foudroyé pour le faire taire à jamais.
De ce règne date une autre légende, celle des Horaces et des Curiaces, prétexte à nouveau barbouillage.
Après avoir vaincu trois Curiaces, les champions d’Albe, Horace le vaillant assassine sa propre sœur. La malheureuse pleurait la mort d’un des trois frères. La petiote avait eu une histoire avec le bel étranger comme cela arrive parfois. Le jeune et terrible Horace aurait normalement dû être exécuté pour ce forfait. Il fit appel au peuple, qui le gracia, encore tout émoustillé par ses victoires sur les abominables Curiaces. Il appartiendra désormais à tout citoyen romain, menacé de mort ou d’exil, le droit d’être jugé par le peuple s’il le souhaite, c’est la provocatio.
Ancus Marcus, le troisième roi, est connu pour avoir fondé le port d’Ostie, ville desservie par le métro. Il aurait aussi mis en place un rituel destiné à rendre légitime toute déclaration de guerre sans passer par le conseil de sécurité de l’ONU ; on sait l’importance d’un tel privilège. Le rite des Fétiaux, ou recherche d’armes de destruction massive, prenait les dieux à témoin que la cause des Romains était juste. On agitait une fiole sensée contenir de l’anthrax, et si on n’obtenait pas réparation, la guerre devenait effective et l’on pouvait bombarder Bagdad et piller son musée. Pour ce faire il suffisait alors au chef des Fétiaux, le Pater patratus, de lancer contre le territoire ennemi une javeline en bois de cornouiller. Maintenant les javelines sont à réaction, mais cela revient au même.
La mort d’Ancus Martius mit fin à la lignée des rois latino-sabins.
Trois rois étrusques succèderont à ces derniers. Tarquin l’Ancien, le parvenu, ouvre le bal. Sorte de Macbeth étrusque, il est poussé par sa femme Lady Tanaquil à déposséder ses pupilles, les fils d’Ancus Martius. Installé sur le trône de Rome, il introduit la civilisation dans le coin et assèche le Forum. On lui attribue aussi la création des premiers Grands Jeux, donnés dans la vallée du Grand Cirque. Sa politique militaire vise à l’expansion de Rome au dépends des peuples sabins et sur le reste des cités latines. Il construit aussi le premier système d’égouts, le cloaca maxima, le grand merdier. Il meurt victime de la vengeance des fils d’Ancus Martius. Mais Lady Macbeth Tanaquil, qui a oublié d’être bête, finit par placer son gendre, Servius Tullius, sur le trône. Il aurait été le fils d’une esclave et du Lare domestique, dieu du foyer et sorte d’énorme phallus où se serait emmanchée l’esclave. Sa belle-mère Tanaquil, sorcière à ses heures, aurait su grâce aux divers « prodiges » entourant sa naissance que le gendre servile était promis à une haute destinée.
Celui-ci met en place les premières juridictions romaines. Il élabore une Constitution. Il divise la ville en quartiers, la région en territoire et commence à lever des impôts. Il hiérarchise la société romaine par ordre de fortunes pour permettre le recrutement des soldats. La société devra compter cinq classes de citoyens. La dernière classe, la plus pauvre, n’accomplira pas de service militaire. Il agrandit la ville et l’enserre dans une muraille, la ceinture servienne. Il est à son tour assassiné par sa fille et son gendre, Tarquin le Superbe, dernier roi de Rome.
Tarquin sont chassés et la monarchie abolie. La République est proclamée en 509 avant J.C.
Tarquin le Superbe abolit la constitution de son prédécesseur mais poursuit néanmoins la politique d’expansion urbaine de Servius. En guerre contre les Latins, il triomphe d’eux grâce à une trahison de son fils, Sextus. Ce dernier, violent comme son père, tombe amoureux de Lucrèce, femme d’un de ses parents, Tarquin Collatin. Il la viole. La femme, de dépit et de honte, se suicide pour préserver l’honneur de son mari. Cela donnera naissance à l’un des poèmes de Shakespeare, Le viol de Lucrèce, immense conflit fratricide qui débouche sur la mort de la victime et le soulèvement du peuple de Rome. Les
(photos droits réservés).
10 juillet 2008
Le rêve de Jugurtha
Jugurtha s’empara de Cirta en 112. Le petit-fils de Massinissa, lassé peut-être de la présence romaine, massacra tous les marchands italiens établis dans la ville. Il avait auparavant assassiné ses deux cousins, les héritiers du trône de Numidie.
« Dès sa jeunesse, Jugurtha, fort, beau, surtout doué d’une vigoureuse intelligence, ne se laissa pas corrompre par le luxe et la mollesse, mais, suivant l’habitude de sa race, il montait à cheval, lançait le trait, luttait à la course avec les jeunes gens de son âge, et, l’emportant sur tous, leur resta pourtant cher à tous ; il passait presque tout son temps à la chasse, le premier, ou dans les premiers, à abattre le lion et les autres bêtes féroces, agissant plus que les autres, parlant peu de lui. » L’enfance d’un chef !
Salluste exaltait Jugurtha pour mieux souligner par la suite la vaillance romaine et la justesse de son combat contre un ennemi aussi redoutable. Et aussi beau. Sur les pièces de monnaie à l’effigie Jugurtha, on peut effectivement voir un profil grec, proche de celui d’Alexandre, ou des canons de la beauté classique. le portrait est sans doute idéalisé : Jugurtha tenait à souligner ainsi sa filiation culturelle et intellectuelle avec la sphère hellénistique. Une des raisons du rejet de Rome, s’il est avéré, fut peut-être dans cette identification avec la grande Grèce, elle-même vaincue, comme on l’a vu, par les armées romaines.
Salluste explique l’illégitimité de la prise de pouvoir de Jugurtha en arguant que son père, Mastanabal, serait né d’une concubine de Massinissa et ne pouvait prétendre au trône, n’étant pas de sang royal. Quand on songe à la manière dont Massinissa a conquis le royaume de Numidie, cela peut prêter à rire.
Il est probable aussi que Jugurtha fut écarté de la succession de Massinissa parce que son père, mort de maladie selon Salluste, n’avait pas régné. Miscipsa, son frère, monta sur le trône de Numidie : ses deux fils, Adherbal et Hiempsal, lui succédèrent.
Pour les nationalistes maghrebins, Jugurtha servit d’exemple au cours de leur lutte contre le colonialisme français. Ils avaient sans doute raison de se référer à ce mythe pour initier leur combat. En revanche, ils se trompaient en y projetant leurs propres préoccupations. La geste de Jugurtha ne fut pas une guerre contre l’impérialisme romain, même si elle en emprunta la voie par moments. Et Jugurtha n’avait pas non plus en tête la construction d’une nation algérienne, ou africaine. Ce fut avant tout un combat pour le pouvoir et son extension au domaine numide, avec une référence au royaume hellinistique de son grand-père ; ce fut surtout une bataille acharnée pour sa survie quand les Romains s’en prirent à lui.
Toujours selon Salluste, Jugurtha, dans sa jeunesse, participa au siège de Numance sous le commandement de Scipion Emilien, où il s’illustra : « Jugurtha, était naturellement actif et vif. Sitôt qu’il eut compris la nature et le caractère de Scipion, général en chef de l’armée romaine, et la tactique ennemie, par ses efforts, son application, son obéissance, sa modestie, son initiative devant le danger, il arriva bien vite à une telle réputation, qu’il conquit l’affection des Romains, et terrifia les Numantins. Et vraiment, il avait résolu le problème d’être à la fois intrépide au combat et sage dans le conseil, problème difficile, l’un de ses mérites faisait dégénérer la prudence en timidité, comme l’autre, le courage en témérité. Aussi, le général en chef confiait-il à Jugurtha toutes les affaires un peu rudes, le tenait-il pour un ami, montrait-il, de jour en jour, plus d’affection à un homme qui jamais n’échouait dans ses projets ni dans ses entreprises. A ces qualités s’ajoutaient une générosité et une finesse qui avaient créé, entre beaucoup de romains et lui, d’étroits liens d’amitié. »
Ecce Homo A la mort de Miscipsa, Jugurtha, se jugeant apte à gouverner, assassine Hiempsal. Cette histoire de concubine de Massinissa ne l’avait pas plus convaincu que nous. Il était plus âgé que ses cousins, et plus aguerri aussi, le royaume lui revenait, et cela les Romains le comprenaient très bien. Adherbal fuit à Rome et pleurniche devant le Sénat. Une ambassade romaine est envoyée à la demande de Jugurtha, qui tient à s’expliquer devant ses amis romains. Il achète les diplomates consulaires en question et tout est réglé. Un arbitrage est trouvé : le royaume partagé entre Jugurtha et Adherbal. Jugurtha envahit le royaume de son cousin, l’assiège à Cirta et le massacre lui et ses alliés romains. Poussée par les Chevaliers, le Sénat désigne des consuls pour les provinces africaines et s’apprête à les envoyer faire la guerre. Jugurtha prend peur et s’en va à Rome faire allégeance et plaider sa cause. Salluste le soupçonne d’avoir acheté sur place des sénateurs. Et de s’être tu devant le Sénat par calcul politique. L’accusation de corruption ne tient pas en l’occurrence. On sait bien qu’à Rome, une oligarchie, il ne faut pas l’oublier, rien ne se faisait sans des appuis politiques, et ceux-ci se monnayaient. On n’imagine pas non plus un étranger, fût-il roi, prendre la parole en plein Sénat romain. Il n’est pas sûr non plus que les Romains éprouvèrent une pitié immense pour les descendants de Massinissa au point de faire la guerre à Jugurtha. Reste le massacre des Italiens de Cirta. Salluste seul avance ce fait. C’est donc à prendre ou à laisser, et beaucoup d’historiens prirent. En vérité, Salluste, fils de plébéiens et lui-même tribun, voulait cacher les véritables motifs de la campagne contre Jugurtha. Il l’accusa de corruption pour mieux masquer les intérêts de sa caste, qui tendait à une guerre de conquête, la première menée au nom de la plèbe et de son ordre, les chevaliers. Salluste fut par la suite nommé par Jules César gouverneur de l’ancien royaume de Juba, soit gouverneur de la Numidie de Massinissa et de Jugurtha. Pour mes amis lecteurs, Juba fut le client et l’ami de Pompée, ennemi de Jules César. Ce dernier, victorieux de son adversaire, emprisonna Juba et le déporta à Rome où il mourut. Pendant l’année et demie de son mandat, Salluste pilla tant et si bien ses administrés qu’il fut accusé, à son retour à Rome, de concussion. D’après François Richard, traducteur et préfacier de la Guerre de Jugurtha, il ne dut son salut qu’en versant 1.200.000 cesterses à César. Le bougre connaissait ses classiques. Devant ces faits, le moins est de nuancer les assertions de Salluste. L’erreur de Jugurtha est de n’avoir pas compris que les équilibres politiques romains avaient changé. Si la révolution des Gracques avait en apparence échoué, dans les faits, la plèbe, en s’appuyant sur l’ordre équestre, avait pris le pouvoir et ne demandait plus qu’à conquérir de nouvelles terres pour le consolider et s’enrichir à l’égal de la noblesse. Jugurtha en était resté lui à la Rome de son grand-père, Massinissa, où les alliances se faisaient avec les sénateurs, dont la puissance était alors à son apogée. Il n’avait pas su anticiper sur les changements introduits par les Gracques. L’eût-il voulu, il ne l’aurait pu. Internet n’existait pas encore ; l’information ne circulait pas aux marges de ce futur empire. Metellus fut chargé de la guerre contre Jugurtha. Mais ne faisant pas montre de beaucoup d’enthousiasme, c’est son subordonné Marius qui, après une campagne démagogique à Rome, fut chargé par la plèbe de conquérir la Numidie, contre l’avis du Sénat qui voyait son pouvoir lui échapper. En 106, Cirta fut prise par les Romains. En 105, Jugurtha, trahi par son beau-père Bocchus, tomba entre les mains du questeur de Marius, Sylla. Salluste, La guerre de Jugurtha, Garnier-Flammarion. (photo d.r)
23 juin 2008
L'enlèvement des belles Sabines

Selon la tradition, Rome fut gouvernée par des rois jusqu’au début du VIème siècle avant J.-C. Pour garnir sa ville, Romulus y apporta diverses populations et leur donna pour épouses des Sabines. Il organisa des courses de chevaux et il convia ses voisins les Sabins, qui vinrent accompagnés de leurs filles. Au signal, les Romains se précipitèrent sur les demoiselles. D’où l’enlèvement des Sabines qui a fait couler beaucoup de peinture. Mais les Sabins déclarèrent la guerre aux Romains. Cela aurait pu durer des siècles, si les bonnes Sabines, à court de maris et de pères, n’avaient pas mis fin aux hostilités à force de lamentations et de jérémiades. Devant le spectacle de ces femmes aux longs cheveux dénoués en signe de deuil, les adversaires cessèrent de combattre. De ce jour, deux rois règnèrent sur Rome : Titus Tatius pour les Sabins et Romulus pour les Romains. Sous le manteau légendaire, se cacherait en fait la coexistence de deux cités, l’une latine (Romulus) sur le Palatin, l’autre sabine (Titus Tatius) sur le Quirinal. Les mariages entre les deux groupes symboliseraient une sorte de fédéralisme tribal. Mais cela reste encore du domaine des conjectures historiques.Une autre légende vient s’inscrire pendant le conflit des Sabins et des Romains, c’est celle de Tarpéia.
Tarpéia se trouvait avec son père Tarpéius dans la citadelle du Capitole. Lorsque approchèrent les Sabins, elle aperçut le roi Tatius sur son cheval. Elle tomba aussitôt amoureuse du beau cavalier et courut se jeter à ses pieds en espérant se faire épouser. Elle promit même de livrer la citadelle contre ce que portaient les Sabins au bras gauche, probablement des bracelets en or, et le mariage avec sa royale personne. Titus Tatius accepta le marché.
Tarpéia conduisit les Sabins au cœur de la citadelle. Pour la payer de sa trahison, Titus Tatius ordonna à ses soldats de lancer sur elle leurs boucliers. Tarpéia périt étouffée. Elle avait obtenu ce que les soldats portaient au bras gauche. Des siècles plus tard, un amas de boucliers marquait toujours l’endroit où avait succombé Tarpéia. C’était la roche dite tarpéienne, d’où l’on précipitait les traîtres à la patrie.
Cette histoire au sage enseigne qu’il faut en ce monde qu’il craigne, la passion et les femmes. Ainsi pensaient les Romains de la désobéissance au père et de l’amour profane. Seul l’amour de la patrie était honorable. L’amour profane, quant à lui, devait être contenu, sentiment honteux que les Romains de l'antiquité s’ingéniaient à cacher.
Quant à moi, mon idée est tout autre, mais il s'agit-là avant tout d'Histoire et de légendes et non de mon opinion personnelle.
05 juin 2008
Des origines de Rome
Sur la plaine, Ilion brûle, mise à sac par les Achéens. Ces derniers ignorent
qu’ils viennent de donner naissance à une nouvelle cité.
Transportant son père sur ses épaules, Enée fuit le massacre. On peut
d’ailleurs voir le jeune troyen figé dans le marbre par le Bernin. Il ne semble
pas se soucier de la charge sur le faîte de son dos. Et il avance dans la nuit
du saccage. Fils de Venus, demi-dieu, il abordera sain et sauf à l’embouchure
du Tibre non sans un détour par Carthage et le lit de Didon. Il épousera
Lavinia, fille de Latinius, qui lui donnera un fils. Ascagne, Iule pour les
intimes, règnera sur Albe-la-Longue. Jules César, le divin, prétendra descendre
en droite ligne d’Enée, et surtout, de Venus. adoubé
par la divine prostituée, ce Jules séduira sans férir Cléopâtre. Mais ceci est
une autre histoire.
Trois siècles plus tard, le dernier roi de la dynastie d’Enée, Amulius,
qui a détrôné son frère Numitor, contraint la fille de ce dernier, Rhéa Silvia,
à prendre le voile et à devenir une Vestale, lui interdisant mariage et enfants
susceptibles de mettre en péril son trône. Mais la demoiselle a des
ressources ; elle se jette dans les bras de Mars, le dieu de la guerre. Et
de cette union naissent deux jumeaux, Romulus et Rémus, qu’Aumulius fait
exposer sur les rives du Tibre pour les noyer comme des chats de gouttière.
Bien entendu, le plan de l’affreux échoue et les jumeaux revenus sur la berge
sont allaités par une louve repue avant d’être adoptés par le berger Faustulus
et sa matrône, Acca Laurentia. Devenus grands, ils remplacent Numitor sur le
trône d’Albe et obtiennent en récompense le droit de fonder une nouvelle cité.
Tite-Live raconte comment chacun des deux sauvageons s’en remet au
ciel pour avoir l’honneur de donner son propre nom à la ville nouvelle. Le
présage, favorable, désigne Romulus, sur le Palatin, en lui envoyant douze
vautours au lieu des six vus par le frère myope sur l’Aventin. La ville sera palatine et prendra le nom de Rome. L’autre, pas content du tout, on peut
l’imaginer, fait une sorte de caprice en piétinant la frontière ridicule (un
sillon) tracée par Romulus pour délimiter sa ville. Romulus, qui n’a pas été
élevé chez les loups pour rien, le flingue sans sommation et s’installe sur son
trône avant de disparaître pendant un orage. Ainsi les Romains se racontaient-ils
l’histoire de leur ville. Ils n’en démordaient pas. D’ailleurs, sans une once
humour, Romulus aurait ajouté après le meurtre de son frère : « Qu’ainsi
périsse à l’avenir quiconque franchira mes murailles ». On dirait
aujourd’hui la même chose des portes d’une trattoria romaine.
Bien entendu, tout cela participe du folklore local. C’est pour complaire
à Auguste et ses successeurs, de la famille des Julii, que les auteurs du
siècle d’or romain ont brodé à l’infini sur les origines troyennes de Rome.
Mais sous les oripeaux de la légende, on découvre des traces historiques. Le
mariage de Latinus et Lavinia indiquerait une forme de métissage culturel qui
se serait produit au début du premier millénaire entre les indigènes italiques,
les Indiens de l’époque, et des migrants orientaux venus par la mer. C’est
ainsi que l’explique Pierre Milza dans son Histoire de l’Italie. Le
meurtre de Romulus porterait le souvenir d’anciennes pratiques religieuses.
Mais ces mythes fondateurs participeront pendant des siècles de la personnalité
du Romain. Romulus sera pour lui l’exemple même du législateur, prêtre,
guerrier et homme d’Etat que personnifiera l’imperator. Plus tard, le
fascisme se réclamera à son tour du fils de la louve. Lorsqu’on sait que la lupa
dans la Rome antique était une femme qui cédait ses charmes au plus offrant, on
comprend de qui les fascistes sont les rejetons.



